Deco 8: Oscar Sisto présente la Salle Byzantine du Palais de Béhague

Au 20ème minute de l’émission Oscar Sisto présente le Palais de Béhague, l’Ambassade de Roumanie à Paris, dans la rubrique DecoStar:

 

Déco 8 sur Direct 8, dimanche 28 novembre 2010

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Le bilan de la troisième édition du festival Tzig’n Jazz : cinq soirées enflammées au Palais de Béhague

Le cymbalum, vedette du festival

Plus de 1100 spectateurs : la Salle Byzantine du Palais de Béhague, avec une capacité de 250 places, a été pleine chaque soir. Le festival Tzig’n Jazz s’est déroulé du 17 au 21 novembre 2010 dans le Palais de Béhague, à Paris (7ème). Un véritable joyau du patrimoine architectural français, le palais est le siège de l’Ambassade de Roumanie en France.

Plus de 35 musiciens sur scène : Tzig’n Jazz a de nouveau déroulé le tapis rouge pour des maîtres incontestés du jazz comme Didier Lockwood, Richard Galliano et Anne Ducros qui ont été accompagnés sur scène par une pléiade de musiciens tziganes ou jazzman, de véritables références dans leur domaine : Angelo Debarre, Tchavolo Schmitt, Rona Hartner, Costel Nitescu, Emy Dragoi….

Le cymbalum, un instrument méconnu, la vedette des concerts : Le public français a découvert le cymbalum, instrument peu utilisé dans le jazz occidental, mis a l’honneur pour cette troisième édition du Tzig’n Jazz. Les maîtres Kosty Lacatus, Giani Lincan, Marius Preda, Marius Mihalache, ont transformé  cet instrument traditionnel de la musique roumaine dans un instrument jazz, parfois à sonorités de guitare, parfois de piano.

Rona Harner et Irina Sarbu

Couleurs nouvelles pour Tzig’n Jazz : Le festival s’est ouvert cette année à l’ethno jazz et aux musiques du monde. La soirée du samedi 20 novembre a été dédiée à la musique traditionnelle tsigane avec le Taraf de Clejani, groupe fondé par deux anciens musiciens du fameux Taraf de Haidouks. La capacité de la Salle Byzantine s’est montrée insuffisante face à la demande du public.

Angelo Debarre au Palais de Béhague

Un message de liberté créative et de tolérance : « Notre message au public est un message de liberté », nous a déclaré Angelo Debarre, virtuose de la guitare tsigane, au début de son premier concert. Le concept du festival Tzig’n Jazz, celui de créer une atmosphère de liberté totale sur scène pour que les musiciens puissent improviser sans aucune contrainte, a fleuri cette année. Chaque soirée la playlist était un jeu entre les musiciens, dix minutes avant les concerts, et parfois, directement sur la scène. La troisième édition du festival a marque cette année la journée internationale de la tolérance (16 novembre) pour transmettre un message sur l’importance de l’inclusion sociale et de la tolérance.

Le festival Tzig’n Jazz a été organisé par Alin Predoi, directeur et initiateur du festival en partenariat avec l’Institut Culturel Roumain de Paris, et avec le soutien de l’Ambassade de Roumanie a Paris.

Texte et photo ©ICR Paris

Richard Galliano sur la Salle Byzantine du Palais de Béhague: « C’était vraiment une découverte ‘‘choc’’ pour moi »

Richard Galliano

L’Institut Culturel Roumain de Paris a eu l’honneur de présenter deux concerts avec la participation de Richard Galliano dans le cadre des festivals Nuits Classiques au Palais de Béhague et Tzig’n Jazz 2010. Lors du premier concert (Nuits Classiques au Palais de Béhague) Richard Galliano a eu l’amabilité de partager ses impressions:

Reporter : Monsieur Galliano, vous jouez pour la première fois dans la salle byzantine de l’Ambassade Roumaine de France. Comment avez-vous trouvé la salle ?

Richard Galliano : C’était vraiment une découverte ‘‘choc’’ pour moi. C’est une salle qui a beaucoup d’âme. Elle est très musicale et elle a gardé une très belle résonnance. Je la trouve idéale  pour la musique acoustique. Elle nous permet d’obtenir un très bon contact avec le public.

Salle Byzantine du Palais de Béhague

R : Etait-ce la première fois que vous jouez Les Danses Populaires Roumaines de Bartok ?

RG : Je connais les Danses Roumaines de Bartok depuis longtemps. J’ai eu l’occasion de les jouer avec plusieurs amis violonistes. La version accordéon-violon de ces Danses est très juste parce qu’elle est très proche de l’original. C’est quelque chose qui doit rester proche du folklore, de ‘‘la musique de la terre’’.

R : Cette musique trouve alors naturellement sa place, ici, à l’Ambassade Roumaine de Paris ?

RG : C’est une évidence de jouer cette musique ici. J’ai aussi aimé la programmation du spectacle. Passer ainsi de la musique de Bartok et ses influences folkloriques à Ravel et son blues. Après, il y a eu Martinu avec sa musique presque populaire. Même le bis que j’ai joué, à la fin, avec Sarah, « La valse à Margaux », était inspiré de notre folklore à nous. J’aime quand les musiques se rejoignent et quand on casse les frontières.

R : Vous avez joué avec beaucoup de passion le « Libertango » de Piazzolla. Est-ce aussi parce que vous l’avez connu personnellement ?

RG : J’ai eu la chance de connaître Astor Piazzola et d’être ami avec lui. Il m’a donné des conseils très importants qui ont contribué à ma réalisation. Cependant, je n’ai jamais essayé de le copier ou de l’imiter, même si je reconnais qu’il m’a beaucoup inspiré. Le « Libertango », je le joue à ma manière car c’est dans le titre ‘‘la liberté du tango’’. Tous ces genres de musiques : le tango, la musette, la danse folklorique, doivent être joués ainsi « Libertango » c’est-à-dire que l’on doit se les approprier. Je le joue dans presque tous mes concerts et depuis des années. C’est toujours ‘‘un poème’’ de rencontres.

R : Avez-vous ressenti une certaine alchimie en jouant avec Sarah Nemţanu ?

RG : C’était magnifique ce soir avec Sarah. C’est une musicienne de talent avec une grande musicalité et beaucoup de souplesse. J’aime jouer avec des musiciens comme ceux-là quand nous avons l’impression d’être connectés à la microseconde dans nos intentions, dans notre tempo. Ce fut vraiment une belle rencontre.

 

Interview réalisé par Daniel TINCU

Patrimoine national – patrimoine universel: table ronde au Palais de Béhague

La table ronde - patrimoine national - pstrimoine universelAujourd’hui le patrimoine n’est plus une valeur exclusivement nationale. Les valeurs patrimoniales de  différentes pays font parti d’une culture plus vaste, européenne et universelle. Voila le raison pour la table ronde organisée par l’Institut Culturel Roumain de Paris, mardi 28 septembre, dans le Salon d’Or du Palais de Béhague, lui même une valeur patrimoniale partagé entre la France et la Roumanie.

Un diagnostique pour un patrimoine roumain qui ‘‘pleure’’ depuis longtemps ?

Le débat, animé par Katia Dănilă – directrice de l’ICR de Paris – s’est tenu dans le siège de l’Ambassade de Roumanie en France, le Palais de Béhague. La rencontre a réuni des spécialistes du patrimoine français et roumains telle que Michèle Prats, vice président de l’ICOMOS en France, Caroline d’Assay, présidente de l’ONG Pro Patrimonio, Josef Kovacs, président de l’Institut National du Patrimoine de Roumanie ou Benoit de Sagazin, président de l’Association des journalistes du patrimoine en France.

Après un exposé du cadre législatif des deux pays, chaque participant a présenté les buts et les actions de l’association représente. Du coté français, Michèle Prats a d’abord défendu le modèle français, reconnu comme l’un des plus restrictif au monde dans le domaine du patrimoine :« Il faut faire la différence entre la restriction et la protection. Le problème c’est qu’une loi protectrice engendre des contraintes pour les propriétaires qui ne peuvent plus faire n’importe quoi. De toute façon, nous, on leur demande juste de respecter le lieu, l’architecture du bâtiment, et, enfin, de respecter leur patrimoine. »

Josef Kovacs a ensuite présenté les actions de la Roumanie en matière de protection du patrimoine mais a également évoqué les carences du système : « Nous avons décidé que les travaux de restauration devaient être réalisés par des spécialistes. Nous avons également prévu une taxe sur toutes les activités se déroulant dans des monuments historiques comme dans les Casinos. Les choses ne sont probablement pas correctement rédigées car nous n’avons encore jamais reçu de fonds destinés à la restauration. De plus, le Patrimoine est, en Roumanie, un sujet politique évoqué seulement en période d’élections. »

Au delà de l’aspect administratif, Loredana Brumă – jeune architecte à l’initiative du projet « Maisons qui pleurent » – a abordé un autre aspect du sujet : « On a aussi un problème d’éducation concernant le patrimoine en Roumanie. Alors, moi et mes collègues du projet « Maisons qui pleurent », nous nous sommes adressés au grand public pour attirer son attention sur le Patrimoine bucarestois. On a photographié plusieurs anciennes maisons de Bucarest et nous avons réalisé une galerie en ligne avec ces édifices. »

Une idée principale est ressortie de cette table ronde : la conscience publique représente le point de départ de toutes politiques du Patrimoine.

Le journaliste, Benoit de Sagazin, a également souligné le rôle décisif des médias dans ce problème : « On parle de sensibilisation du public mais pour sensibiliser le public il faut, avant tout, sensibiliser les journalistes. Ce n’est pas forcement la partie la plus facile mais ce n’est pas, non plus, la plus difficile. »

Le débat organisé par l’ICR de Paris fut un échange d’expériences franco-roumaines. Caroline d’Assay, bien que d’origine française, connaît parfaitement les réalités sociopolitiques de la Roumanie. En tant que présidente de l’Association Pro Patrimonio, Caroline a développé plusieurs projets en Roumanie, comme la restauration de la Villa Golescu à Câmpulung Muşcel. A l’occasion de ce débat, elle conclut : « Pour les gens qui décident en Roumanie, le patrimoine est un non-sujet. L’assemblée ne cherche pas à voter des lois ou à les améliorer. L’idée est que le patrimoine est quelque chose de vivant. Le grand public roumain doit réaliser qu’il fait partie de leur identité. »

par Daniel TINCU