A propos institutroumain

L’Institut Culturel Roumain de Paris porte toute l’effervescence de la culture roumaine en France. Notre principale mission est celle de nourrir les liens historiques entre les cultures vivantes roumaine et française. www.ruedelexposition.fr Paris 7ème : 1 rue de l'Exposition, M° Ecole Militaire (ligne 8) Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi : 10 h – 13 h et 14 h – 18 h

Fernanda Romila et Dan Racoveanu, les organistes aux Nuits Baroques

“Pour nous l’essentiel est qu’une orgue célèbre comme celle de Saint-Eustache aide et sauve en même temps un autre orgue”

Fernada Romila et Dan Racoveanu, organistes roumains, arrivent à Paris pour soutenir un concert dédié à la restauration de l’orgue Charles Mutin de la Salle Byzantine.

La deuxième édition du festival Nuits Baroques au Palais de Béhague débute le 6 juin 2012 au Palais de Béhague, la petite Roumanie parisienne. Comme l’année dernière, l’Institut Roumain fait monter sur la même scène des artistes roumains et étrangères pour mettre en valeur cette magnifique Salle Byzantine.

Surtitré, « Passion. Voix Feminines », le festival ouvre cette année avec les concerts  Ruxandra Donose et Teodora Gheorghiu avec l’ensemble Pulcinella (le 6 et 7 juin). Les Nuits Baroques continuent le 8 juin dans une atmosphère chaleureuse de chant-piano, avec Viorica Cortez et Alina Pavalache. Ensuite, la Sale Byzantine sera inondée par la passionnante Tarantella, prestation de L’Arpeggiata avec le soliste Vincenzo Capezzuto et la danseuse Anna Dego (le 8 juin).

Pour sa dernière soirée, le 12 juin, l’église Saint-Eustache accueille le festival pour un concert d’orgue à quatre mains. Fernanda Romila et Dan Racoveanu joueront de la musique romantique allemande sur l’orgue Saint-Eustache.

Les bénéfices de ce concert seront reversés à la restauration de l’Orgue Charles Mutin de la Salle Byzantine. Même si cet instrument n’a pas servi depuis 60 ans à cause de la disparition du clavier, sa valeur est reconnue en tant que monument historique, et il peut être restauré pour un avenir plein d’extraordinaires représentations .

Fernanda et Dan se sont dédies au projet. Pour mieux les connaitre, nous vous invitons à les lire…

Qu’est ce que ce concert représente pour vous, ainsi que sa contribution à la restauration de l’orgue de la Salle Byzantine ?

C’était impressionant de voir le documentaire sur l’histoire du Palais de Behague realisé par Ruxandra Tuchel. Dans ce film, Simona Radulescu a presenté la Salle Byzantine et Marina Tchebourkina a parlé de l’orgue de Charles Mutin. Depuis ce moment nous sommes devenus persuadés de jouer pour le benefice de cette orgue. Pour nous l’essentiel est qu’une orgue célèbre comme celle de Saint-Eustache aide et sauve en meme temps un autre orgue! La restauration de cet instrument pourra augmenter l’intérêt culturel de cette salle de spectacle extraordinaire qui se trouve au sein du Palais de Béhague.

Avez-vous déjà joué à Paris auparavant ?

Fernanda: Grace à Jean-Pierre Menuge j’étais heureuse de jouer avec lui dans le cadre du Festival “Le Marais Chrétien” à l’Eglise des Billettes en 2005 et à l’Eglise St. Paul – St. Louis en 2010.

Connaissez-vous l’eglise Saint-Eustache et son orgue ?

Dan: Pendant des années j’ai écouté des concerts fabuleux à l’Eglise Saint-Eustache et j’ai toujours trouvé que l’orgue et son lieu constituent un tout qui est dans mon opinion le plus riche, généreux et intéressant parmi les orgues de Paris. Sans doute la personalité de Jean Guillou, qui a conçu l’ensemble des jeux, a mis son empreinte dans la qualité musicale de la facture realisée par Van den Heuvel.
Notre programme de musique romantique allemande trouve son instrument idéal!
C’est un privilège pour nous de jouer ici!

Quels sont vos plans artistiques futurs ?

En Novembre nous programmons une tournée en Allemagne avec ce même programme à quatre mains.

Dan: Je vais enseigner l’orgue et la basse continue, comme chaque été, dans le cadre des Ateliers de Musique Ancienne de Treport, organisés par Les Heures Musicales de la Vallée de la Bresle.

Fernanda: J’attends avec impatience un recital de clavecin, organisé par l’Association Sarabande à Arles, une ville que j’aime beaucoup, où j’ai eu le plaisir de jouer plusieurs fois. En décembre je retrouve en Allemagne l’orchestre baroque européene Le Chardon (Hajo Wienroth) avec laquelle je joue la musique d’un compositeur fabuleux mais presque inconnu, G. H. Stölzel, un très apprecié contemporain de Bach. Cette musique m’a beaucoup impressionée et j’ai voulu enormément la presenter aussi au public roumain. Grace au soutien de l’Institut Culturel Roumain de Bucarest, les oeuvres de Stölzel seront joués par l’orchestre baroque Le Chardon, en première audition en Roumanie, à l’Athenée Roumain en 2013.

Propos recueillis par: Irina Untea

Bref: Paul Negoescu et Derby

Derby, le court-métrage du réalisateur roumain Paul Negoescu est le star de l’édition parisienne Tour Eurochannel de courts-métrages 2012.

L’Institut Culturel Roumain présente la première édition parisienne du Tour Européen  Eurochannel de courts métrages. Pour cette troisième édition Eurochannel a choisi une sélection des meilleurs courts-métrages européens. Un regard sur le cinéma européen à travers l’objectif d’une quarantaine de réalisateurs novateurs, reconnus pour leur talent, leur originalité et leur indépendance.

Nous avons demandé Paul Negoescu pourquoi “Derby”…

Pourquoi ce titre-ci, «Derby» ?

«Derby»  les personnages discutent du football, de deux équipes concurrentes et le mot derby est un terme utilisé dans le langage du journalisme sportif  lorsqu’il y a un match entre des équipes rivales. De plus, la rivalité entre les personnages du film atteint le niveau d’un derby.

Comment est-ce que «Derby» a été reçu et regardé à travers le monde (surtout à la 60e Berlinale et aux European Film Academy Awards)?

Sélections festivals : 60e Berlinale, 45e Karlovy Vary IFF, 54e London BFI, Vila do Conde International Short, Festival du film du Vancouver, Festival du Thessaloniki, Festival du Sarajevo, Sao Paulo International Short, Festival du Film Namour Francophone
Nominé aux European Film Academy Awards 2011
Prix Brief Encounters Grand Prix – Encounters International Film Festival Bristol, 2010

 

À Berlin ça a été comme je m’y attendais, je n’étais pas là pour la première fois et mes souvenirs se mélangent avec d’autres éditions du festival. Le film a été bien reçu, surtout lors des projections ouvertes au public élargi. Je ne suis pas allé aux EFA car j’étais en plein processus de tournage mais, de toute façon, je n’aurais pas voulu y aller. C’était prévisible la victoire de Terry Gilliam, il était le plus connu metteur en scène de tous les nominés.

Qu’est-ce que tu nous prépares maintenant, quel est ton projet actuel?

Pour l’instant je suis en train de finir un long-métrage que j’ai réalisé cet hiver et qu’on espère faire sortir en salle cette année…

Europe tout court: Tour Européen Eurochannel de courtes-métrages : 147 minutes de ciné-concentré à l’Institut Culturel Roumain de Paris le 11 avril 2012 à partir de 19h30.

Eurochannel est la première chaîne de télévision entièrement dédiée à la production artistique européenne. Avec sa programmation, la chaîne dévoile les multiples facettes de l’Europe. Eurochannel présente la diversité du paysage audiovisuel européen. Eurochannel se distingue ainsi par une offre originale et composite. Elle s’adresse aux cinéphiles comme au grand public. Eurochannel diffuse des oeuvres inédites hors de leurs frontières. Le public a ainsi l’occasion de voir des programmes rares et innovants venus de toutes les régions d’Europe. Les programmes d’Eurochannel sont tous diffusés en version originale. Brisant la barrière des langues, le choix du sous-titrage permet à chacun de savourer la poésie et la beauté de chacune des langues du continent. Eurochannel est disponible sur SFR dans les bouquets Sélection et Grand Spectacle, chaîne 89. Plus d’informations sur : www.eurochannel.fr, Facebook et Twitter.
Traduit par Raluca Petre

Fotograful operei lui Emil Cioran

De la Paris in 2011, pentru anul Cioran 100, la Bucuresti in 2012, Scoala Fotopoetica cu expozitia “Despre neajunsul de a te fi nascut”.

Francisc Mraz este unul dintre fotografii români care încearcă să alunge convenționalul, dulcegăriile, epicul și să redea lumea așa cum este în fotografiile pe care le face……

via Fotograful operei lui Emil Cioran.

Sursa: DigiTV

L’arrivée du printemps au 1, rue de l’Exposition, Paris

Galerie

Cette galerie contient 7 photos.

Jeudi, le 1er mars 2012. Les tulipes, les freesias et les jacinthes parfument les rues parisiennes. À l’Institut Culturel Roumain l’équipe et les volontaires organisent les derniers détails pour le marché de Mărțișor. Peu après 18h30, les premiers visiteurs apparaissent, … Lire la suite

Gaëtan Rousselet, photographe : “La Roumanie est un pays lourd et céleste à la fois”

Il connait bien la Roumanie : pendant deux ans l’ethnographe et photographe belge Gaëtan Rousselet a habité presque plus au Maramures qu’en Belgique. Il a suivi les bergers roumains en transhumance, et ses photos parlent autant de traditions centenaires que d’un avenir chargé de transformations.

Gaëtan Rousselet au vernissage de "Transhumance" (une expo de la galerie RDE)

Gaëtan Rousselet nous offre un “flash” sur son expérience roumaine. Les photos racontent le reste de l’histoire : “Transhumance”, galerie Rue de l’Exposition (Institut Culturel Roumain de Paris), exposition ouverte jusqu’au 31 mars. 

 www.ruedelexposition.fr

06 mars 2012 à 19h Conférence avec : Anne-Marie Brisebarre, ethnologue, Directrice de recherche (CNRS) & Gaëtan Rousselet, photographe

Vous avez pendant deux ans effectué de nombreux séjours en Roumanie dans la région du Maramures. Comment avez-vous décidé d’aller en Roumanie?

Chaque voyage effectué jusqu’ici a toujours été provoqué par une volonté d’obtenir d’un certain réel une autre image que celle que je pouvais recevoir des médias. Concernant la Roumanie, je fête cette année les 10 ans de mon premier voyage dans cette région fascinante de l’Est de l’Europe ! Je me revois encore sur le tarmac d’Otopeni à me demander comment et par où j’allais entamer ma route qui devait durer dix jours pour commencer. Elle m’a finalement ramené à l’essentiel : « être et temps »…

En deux phrases, comment définiriez-vous votre expérience roumaine?

Il me faudrait un roman ! J’aimerais d’ailleurs avoir le courage et le temps de raconter tout cela, toutes ces expériences humaines des plus riches que j’ai pu y vivre. La Roumanie est un pays lourd et céleste à la fois. C’est toujours ce que j’ai pu y constater et y ressentir, une force tellurique empreinte d’une sorte de grande nostalgie dramatique !

Vous étudiez  l’anthropologie mais vous êtes aussi devenu photographe. Quelle est l’importance de la photographie dans votre activité de recherche?

(…) il faudrait béatifier les bergers ! Je veux dire, honorer leur mémoire et le cœur ; leur vérité.

L’ethnographie est le premier moment de la démarche anthropologique : il consiste à rassembler des données, qu’elles soient d’ordre écrit, visuel ou objectal. La photographie est un outil d’investigation qui ne devrait pas se limiter à être un support mais qui doit, selon moi, s’assurer d’un langage exigeant et précis, au même titre que le texte : l’une et l’autre se complètent pour produire des messages forts sur le réel.

En l’occurrence, la tradition du reportage documentaire correspond à cette exigence.

Qu’est qui vous a impressionné le plus chez les bergers roumains?
Avez-vous des expériences inédites à raconter ?

Leur courage et leur force, celles que nos préjugés urbains ont tendance à relativiser ou à bêtifier… Au contraire, il faudrait béatifier les bergers ! Je veux dire, honorer leur mémoire et le cœur ; leur vérité. Des expériences ? Je les raconterai bientôt…

GALERIE RUE DE L’EXPOSITION, UN PROJET ® INSTITUT CULTUREL ROUMAIN

Propos recueillis par : Olivia Horvath

Nuits Théâtrales au Palais de Béhague Laboratoire théâtral : découpage subjectif

«Après le succès des Nuits Théâtrales, qui se sont déroulées du 22 au 30 septembre dernier,l’Institut Culturel Roumain ouvre à nouveau les portes de son extraordinaire salle Byzantine pour accueillir un rendez-vous inédit autour du Théâtre Contemporain d’ici et d’ailleurs. Plusieurs conférences, deux spectacles et une exposition sont programmés…»

(Toutelaculture.com; le 21 novembre 2011, Emma Letellier)

photo : OH

Dans le cadre du Laboratoire des Nuits Théâtrales, qui a eu lieu entre le 21 et le 27 novembre 2011, l’Institut Culturel Roumain de Paris a invité des professionnels du théâtre pour s’interroger sur l’actualité et les méthodes pédagogiques dans le théâtre contemporain.  Ayant comme décor la Salle Byzantine du Palais de Béhague, le Laboratoire s’est constitué d’une part par la série des conférences « Le théâtre européen: leçons et défis du lendemain » et, d’autre part, par les représentations des pièces «Les Malheureux» (d’après Füst Milán ) et «My Isadora» (théâtre non-verbal de Victoria Răileanu).

Parmi les invités du Laboratoire il y a George Banu (auteur, critique et professeur des universités), Gelu Colceag (Recteur de l’Université Nationale d’Art Théâtral et Cinématographique, docteur en histoire du théâtre), Nicolae Mandea (Doyen de la Faculté de Théâtre de l’U.N.A.T.C.), Jean Francois Dusigne (professeur à l’Université Paris 8, co-directeur artistique de l’ARTA) et  Anatoli Vassiliev (metteur en scène et pédagogue russe, directeur du théâtre « École d’Art Dramatique » de Moscou).

D’après la pièce de Füst Milán, le spectacle «Les Malheureux» a présenté un monde de la marge de la société avec des personnages malheureux, le malheur y étant présent, tout simplement. Les rapports de force issus du conflit entre l’homme et la femme prennent la forme des  rêves transformés en cauchemar, en construisant un rituel d’autodestruction sous les yeux du spectateur.

La deuxième pièce de théâtre représentée lors du Laboratoire des Nuits Théâtrales a ses inspirations dans la danse et les idées féministes d’Isadora Duncan. Ainsi Victoria Răileanu a créé un spectacle de théâtre non-verbal inspiré par l’autobiographie de la légendaire danseuse, en expérimentant de nouveaux langages dramatiques du corps.

«Le théâtre est un être vivant qu’on veut rencontrer en le sauvant de la mort en soi-même…»,

…considère George Banu, critique de théâtre. Lors de la conférence Pourquoi va-t-on encore au théâtre?, il affirme qu’on y va «au nom de l’éphémère, du sentiment qu’il disparaîtra de manière irrémédiable, des œuvres qui s’effacent, des acteurs qui meurent, du moment qui passe. La condition éphémère touche à notre relation avec le théâtre, surtout si on l’aime. L’imminence de son entrée dans le néant me rend responsable envers lui tout comme envers moi. […] Lui aussi, il est un être vivant qu’on veut rencontrer en le sauvant de la mort en soi-même, malgré les moments passagères d’inattention ou d’épuisement de la relation.»

George Banu (photo:OH/ICR)

Si telle est l’opinion d’un critique, qu’est-ce qu’en pensent les acteurs? Pour Sabrina Iașchevici,  «les choses qu’on oublie lorsqu’on commence le travail, on les laisse s’abandonner dans nous-mêmes.» Les trois jours passés à l’atelier d’Anatoli Vassieliev, à l’ARTA Cartoucherie de Paris, ont été «pleins de surprises pour moi. Il transmettait de l’énergie et de la sagesse au-delà des mots. Il refusait de répondre à beaucoup de questions, en disant qu’il pourrait le faire, qu’on pourrait même le comprendre mais que cela ne signifierait pas qu’il a aussi réussi transmettre son message. L’analyse théâtrale que j’ai commencé pour la pièce „L’oncle Vania” ressemble, dans quelques points, à la manière dans laquelle j’ai appris analyser un texte: l’importance de la compréhension des circonstances du début de la pièce, les choses qui la précédent, le passé des personnages, la façon dont ils se sont faite la connaissance. Les choses qu’on oublie lorsqu’on commence le travail, on les laisse s’abandonner dans soi-même. Lorsque je traite un texte, je suis habituée à parler du but. Le but de chaque personnage dans chaque scène, qui, à son tour, se divise dans les buts du chaque fragment qui compose la scène. Du coup, la pédagogie d’Anatoli Vassiliev ne parle pas de ces buts-là. Elle parle des circonstances qui mènent à une situation et, ensuite, à un comportement. On n’entre pas sur la scène en ayant un but, mais un comportement qui est du à une situation antérieure.»

L’actrice Sânziana Târța parle elle aussi d’Anatoli Vassiliev, «un homme qui, dans le siècle de la vitesse, prend son temps à penser. Un maître qui, par sa simple présence, crée des moments de théâtre. Ses pauses sont parlantes et elles se permettent…d’exister. Tout simplement. Cet individu qui cherche, ce professeur qui apprend, considère qu’aujourd’hui le théâtre a deux lacunes: 1. Il n’y a plus de maîtres, des professeurs pour changer des vies et pour ouvrir des mondes. 2. Rien n’est plus ce qu’il paraît être. Tout objet qu’on regarde, même dans la nature, peut être l’imitation de quelque chose d’autre. Et, pour la plupart des cas, il en est. […] L’imitation n’est qu’une simulation. En imitant, on simule qu’on vit, on simule qu’on sent. En vivant entourés par du faux, on ne peut pas construire quelque chose du vrai, ni dans les relations inter-humaines et, en les prenant comme point de départ, ni dans le théâtre, évidemment

 

Alors, qu’est-ce qui se passe du côté des représentations théâtrales?

Les Malheureux (photo OH)

Pour le scénographe de la pièce «Les Malheureux», Cristian Stănoiu, «Les personnages sont ceux qui „dessinent” la scénographie tout au long de la pièce. Les situations-limite sont des occasions d’affirmation des caractères. La mise en scène de la pièce de Fust Milan a représenté le désir de chercher l’essentiel du texte surtout à travers la mise en évidence des traits spécifiques des personnages. La Salle Byzantine de Paris a offert la possibilité de construire un espace de jeu nuancé tout d’abord par le contraste entre le décor de la pièce et l’architecture du lieu. Ce contraste a favorisé davantage le «découpage» dont je viens de parler, la délimitation de la surface de jeu et la sensation de limite que les intentions du metteur en scène ont pris en considération dans cette approche de la pièce. […] La présence à Paris a représenté l’occasion de travailler avec des gens qui font la preuve d’une implication réelle et de la responsabilité, les deux exprimées avec de la chaleur et de l’enthousiasme pour la construction d’un tel événement. Au sein du groupe des «Malheureux», cette expérience a signifié la possibilité d’un rapprochement et d’un heureux échange d’idées. »

Les malheureux (photo OH)

Quant à Zsuzsánna Kovács, metteur en scène de la même pièce, elle regarde les malheureux comme…des personnages qui choisissent de réussir au lieu d’évoluer”. Ainsi, la plus grande difficulté qui est parue lors du montage de la pièce Les Malheureux a été «de trouver l’équilibre à travers lequel un texte si «typiquement hongrois», écrit au début du XX-ème siècle, puisse devenir actuel et frais, cent ans plus tard, à Bucarest, dans une culture si différente. [...] Des personnages qui se plaignent mais qui sont incapables d’agir, des personnages qui choisissent de „réussir” au lieu d’évoluer, des personnages qui gaspillent leur énergie parce qu’ils sont mécontents et ils sont mécontents parce qu’ils n’ont plus le pouvoir de changer quelque chose – un dessin clair de l’homme est-européen valable tant dans une petite ville de la Hongrie, telle que spécifiée par l’auteur au début du siècle passé, qu’à Bucarest, cent ans plus tard.»

My Isadora

Victoria Răileanu,  metteur en scène et une des actrices de la pièce My Isadora, une danse de la vie, témoigne qu’«en travaillant pour le spectacle, j’ai demandé aux acteurs – Eugen Jebeleanu, Yann Verburgh et Ugo Leonard – de fermer leurs yeux. Des choses merveilleuses sont sorties pendant les répétitions, s’agissant d’une main levée, d’un grattement, d’un point sur le corps: une danse de la vie. […] Je pense qu’elle a été présente en salle,Isadora Duncan. La Salle Byzantine a une énergie très puissante, l’espace en soi mais également les gens..

L’événement a été réalisé par l’Institut Culturel Roumain de Paris avec le soutien de l’Ambassade de Roumanie en France, l’ARTA – Cartoucherie, l’Université Nationale d’Art Théâtral et Cinématographique “I.L. Caragiale” de Bucarest, la Fondation Löwendal, Bucarest.

Propos recueillis par Cristina Hermeziu ; introduction : Raluca Petre

“Toujours ensemble” de Anca Visdei

A voir

Dimanche après-midi. Il fait un froid de canard à Paris, et pourtant il fait bon dans la petite salle de spectacle du Théâtre de l’Opprimé. Des banquettes moelleuses, une salle intime, un décor minimaliste. La pièce peut commencer.

Ce qui m’a tout d’abord paru étrange – des actrices expriment en français des pensées, des sentiments sur un sujet aussi vif que la révolution roumaine de 1989 et les privations de liberté du régime de Ceausescu -, a rapidement su s’effacer grâce au jeu puissant des actrices et à l’excellente mise en scène.

Le texte d’Anca Visdei est puissant. Deux soeurs – l’une a 17 ans, l’autre 18, l’une est dramaturge et l’autre comédienne – décident de se séparer pour permettre à l’une d’entre elles d’écrire et de publier librement en Suisse; elles se promettent pourtant de rester toujours ensemble. Dix-huit ans de vies séparées s’écoulent, et le spectacteur vit avec les personnages ces vies brisées, grâce à un échange de lettres interposées. Alexandra, exilée en Suisse, décrit avec amertume le cycle infernal de l’adaptation dans un pays étranger. Ioana, restée en Roumanie, vit les privations quotidiennes du régime de Ceausescu. Pour pouvoir maintenir leur correspondance en-dehors de l’oeil vigilant de la censure, les deux soeurs adoptent un code secret : la police politique Securitate devient “tante Prudence”, Ceausescu se prénomme “Albert”…

Malgré les hauts et les bas de leur relation à distance, les deux soeurs n’auront jamais été aussi proches qu’au moment de la Révolution, lorsqu’elles pourront enfin se retrouver et regagner leur intégrité. Alexandra se presse à l’aéroport de Lausanne : des files de roumains attendent comme elle. On lui dit que certains attendent une place sur un vol pour Bucarest depuis 3 jours. “Oui, mais moi c’est depuis dix-huit ans que j’attends”.

“Toujours Ensemble”, au Théâtre de l’Opprimé, jusqu’au 5 février. Du mercredi au samedi à 20h30, Dimanche à 17h.

Texte : Anca Visdei // Mise en scène : Catherine Cohen// Avec : Sandrine Cohen et Anne Le Guernec

(CD)

Mandrie si beton : Petrut Calinescu

L-am cunoscut pe Petrut Calinescu in vara anului 2011 cand a venit vreo luna la Paris ca sa ii cunoasca pe maramureseni. E un tip timid dar ceva din pasul lui apasat iti spune ca are o idee si e hotarat sa o duca la capat. Acum iata-l expunand la Muzeul Taranului Roman in Bucuresti (19 noiembrie – 08 decembrie 2011) iar in 2012 poate la Berlin. Bucata pariziana a proiectului a fost completata in cadrul unei burse castigate cu programul Rezindente de creatie la ICR Paris.

L-am intrebat pe Petrut Calinescu de unde a venit si incotro merge acest proiect…

De unde a venit ideea proiectului Mandrie si beton?

Trăim o perioada interesantă,  se intamplă nişte tranzitii extraordinar de rapide la sat, dar aproape nimeni nu le documentează vizual. Fotografii (şi aici mă recunosc şi eu uneori) au tendiţa de a înregistra exclusiv lucrurile care le par lor pe cale de dispariţie. Ei cred că înregistrează o lume care e pe moarte, salvand-o  astfel, decupează doar latura arhaica şi idilică a satului, refuzând tot ce e nou şi astfel se face că mai nimeni nu fotografiează întregul tablou, ce se întâmplă astăzi cu adevarat. Asa ca mi-am propus sa arat cele doua lumi care inca coexista si contrasteaza puternic: cea traditionala si cea moderna, accelerata de castigurile celor care muncesc in strainatate.

Cat ai lucrat la acest proiect? Cu cine ai colaborat si pe ce parti ale proiectului? Este el terminat?

In totalitate am lucrat, puse cap la cap, vreo 4-5 luni, insirate pe parcursul unui an si un pic. Am inceput cu 2 granturi de la World Press Photo si Robert Bosch, apoi am obtinut o finantare AFCN pentru a putea face expozitiasi in cele din urma cu ajutorul ICR-ului Paris m-am putut intoarce aici si am finalizat partea de documentare in strainatate. Momentan finantarile s-au terminat, dar nu si proiectul. Imi doresc foarte mult sa pot publica o carte la sfarsit, dar pana atunci ma gandesc sa vad ce se intampla si prin alte regiuni ale tarii care trec prin situatii asemantoare.

Cum a fost sa te integrezi in cotidianul maramuresenilor de la Paris? Le-ai castigat usor increderea? Ai ramas prieten cu ei?

La Paris a fost greu să-i prind pentru că lucrează de dimineaţa până seara, iar în weekend încearcă să îşi ia ore suplimentare, aşa că, de fapt, am avut puţin timp la dispoziţie ca să îi fotografiez la ei acasă. Mulţi nu voiau să fie asociaţi cu imaginea din străinătate, unde nu locuiesc în condiţii atât de bune ca cele din ţară. M-a ajutat extraordinar de mult un fotograf din Negreşti, Remus Ţiplea, pe care l-am cunoscut la începutul documentării şi am rămas prieteni. Iarăşi, personaje cheie din cadrul comunităţii, Irina din Târşolţ, Moşul Cotroş şi Patrick din Certeze m-au ajutat foarte mult, atât în ţară, cât şi la Paris, şi m-aş bucura să le pot mulţumi şi aici.

Ce s-a intamplat cu proiectul dupa luna de Rezidenta de creatie? Ce vrei sa faci in continuare cu el?

Rezidenţa mea la Paris a fost în luna octombrie iar vernisajul expoziţei de la Muzeul Taranului Român a fost pe 29 noiembrie. In ianuarie sunt in discuţii sa duc expozitia la Berlin, iar in august 2012 va ajunge fix de unde a plecat, in Negresti Oas. De aici ar fi bine sa ajunga si mai departe in cadrul comunitatiilor, la Paris.

Petrut Calinescu : www.petrut-calinescu.com

(OH)

La nouvelle vague du théâtre roumain en festival à Paris

Nuits Théâtrales au Palais de Béhague :

c’est le nom du festival qui amène sur la scène de la Salle Byzantine six créations de l’avant-garde théâtrale roumaine. Le metteur en scène âne du festival est un cinquantenaire… et le cadet vient de finir l’Université…

Plus: www.institut-roumain.org

Les dates sont du 22 au 30 septembre 2011 dans la Salle Byzantine du Palais de Béhague à Paris 7ème, 123 rue Saint-Dominique.

L’Institut Culturel Roumain organise ce festival avec le soutien de l’Ambassade de Roumanie en France et dans le cadre de  la Semaine des cultures étrangères à Paris 2011 (10ème édition), un événement FICEP (Forum des Instituts Culturels Etrangers à Paris).

Le but est de faire découvrir au public français l’un des domaines les plus dynamiques de la culture roumaine au présent. Quatre jeunes compagnies bucarestoises et deux compagnies francoroumaines (Compagnie 28 et Europ’artès) montreront que les voies théâtrales sont largement ouvertes entre la France et la Roumanie. Du classique revisité La Tempête de Shakespeare, réalisé par Ioan Victor Frunza – aux nouveaux dramaturges roumains, les spectacles sont le travail d’artistes polyvalents. Je déclare sur l’honneur : les confessions d’une fille rom sur son héritage spirituel et culturel. 9 degrés à Paris : les tourments d’une femme partagée entre amour et devoir. Mode d’emploi : le vécu déchirant de l’immigré, de celui qui est parti sans arriver, qui est entre deux langues, deux territoires, deux administrations… Jeux dans la cour arrière : inspiré d’un cas réel, un viol, pour une réflexion grave sur les rapports entre femmes et hommes.

LES NUITS … DU PALAIS DE BEHAGUE

Le festival « Nuits Théâtrales au Palais de Béhague » est un nouveau volet du cycle des « Nuits … » au Palais de Béhague, organisé par l’Institut Culturel Roumain en partenariat avec l’Ambassade de Roumanie en France, dans un désir de mise en valeur de la Salle Byzantine, « ce joyau méconnu »[1]. Le cycle a débuté en septembre 2010 avec « Nuits Classiques au Palais de Béhague », auxquelles des musiciens de renommée internationale, tels que Jean-Claude Pennetier, Sarah Nemtanu, Gordan Nikolic, Richard Galliano, le Quatuor Enesco ou encore Gilles Apap ont participé. Il a continué avec les « Nuits Baroques » en juin 2011, qui a vu se produire sur la scène de la Salle Byzantine Jordi Savall et Montserrat Figueras ou encore Les Talens Lyriques et Balkan Baroque Band. Ce cycle des « Nuits » s’ensuit cet automne avec « Nuits Théâtrales au Palais de Béhague – la nouvelle vague du théâtre roumain ».


[1] MACHART Renaud, « La Salle Byzantine révèle le mystère de sa splendeur fanée », dans Le Monde, 4 juin 2011.

La Follia de Timisoara à Paris sur des accords baroques

Un véritable succès parisien, le festival Nuits Baroques au Palais de Béhague, qui s’est déroulé du 6 au 9 juin 2011 dans la Salle Byzantine du Palais de Béhague, a accueilli pour sa première soirée nos amis de La Follia. Les musiciens, amoureux du baroque, provenant de Roumanie, Italie et Norvège sont descendu du haut de la scène pour se rapprocher de leur public.

Le chaleureux concert résumé ici par M. Francis Malek, reporter vidéo – nos remerciements pour cette vidéo :