Mandrie si beton : Petrut Calinescu

L-am cunoscut pe Petrut Calinescu in vara anului 2011 cand a venit vreo luna la Paris ca sa ii cunoasca pe maramureseni. E un tip timid dar ceva din pasul lui apasat iti spune ca are o idee si e hotarat sa o duca la capat. Acum iata-l expunand la Muzeul Taranului Roman in Bucuresti (19 noiembrie – 08 decembrie 2011) iar in 2012 poate la Berlin. Bucata pariziana a proiectului a fost completata in cadrul unei burse castigate cu programul Rezindente de creatie la ICR Paris.

L-am intrebat pe Petrut Calinescu de unde a venit si incotro merge acest proiect…

De unde a venit ideea proiectului Mandrie si beton?

Trăim o perioada interesantă,  se intamplă nişte tranzitii extraordinar de rapide la sat, dar aproape nimeni nu le documentează vizual. Fotografii (şi aici mă recunosc şi eu uneori) au tendiţa de a înregistra exclusiv lucrurile care le par lor pe cale de dispariţie. Ei cred că înregistrează o lume care e pe moarte, salvand-o  astfel, decupează doar latura arhaica şi idilică a satului, refuzând tot ce e nou şi astfel se face că mai nimeni nu fotografiează întregul tablou, ce se întâmplă astăzi cu adevarat. Asa ca mi-am propus sa arat cele doua lumi care inca coexista si contrasteaza puternic: cea traditionala si cea moderna, accelerata de castigurile celor care muncesc in strainatate.

Cat ai lucrat la acest proiect? Cu cine ai colaborat si pe ce parti ale proiectului? Este el terminat?

In totalitate am lucrat, puse cap la cap, vreo 4-5 luni, insirate pe parcursul unui an si un pic. Am inceput cu 2 granturi de la World Press Photo si Robert Bosch, apoi am obtinut o finantare AFCN pentru a putea face expozitiasi in cele din urma cu ajutorul ICR-ului Paris m-am putut intoarce aici si am finalizat partea de documentare in strainatate. Momentan finantarile s-au terminat, dar nu si proiectul. Imi doresc foarte mult sa pot publica o carte la sfarsit, dar pana atunci ma gandesc sa vad ce se intampla si prin alte regiuni ale tarii care trec prin situatii asemantoare.

Cum a fost sa te integrezi in cotidianul maramuresenilor de la Paris? Le-ai castigat usor increderea? Ai ramas prieten cu ei?

La Paris a fost greu să-i prind pentru că lucrează de dimineaţa până seara, iar în weekend încearcă să îşi ia ore suplimentare, aşa că, de fapt, am avut puţin timp la dispoziţie ca să îi fotografiez la ei acasă. Mulţi nu voiau să fie asociaţi cu imaginea din străinătate, unde nu locuiesc în condiţii atât de bune ca cele din ţară. M-a ajutat extraordinar de mult un fotograf din Negreşti, Remus Ţiplea, pe care l-am cunoscut la începutul documentării şi am rămas prieteni. Iarăşi, personaje cheie din cadrul comunităţii, Irina din Târşolţ, Moşul Cotroş şi Patrick din Certeze m-au ajutat foarte mult, atât în ţară, cât şi la Paris, şi m-aş bucura să le pot mulţumi şi aici.

Ce s-a intamplat cu proiectul dupa luna de Rezidenta de creatie? Ce vrei sa faci in continuare cu el?

Rezidenţa mea la Paris a fost în luna octombrie iar vernisajul expoziţei de la Muzeul Taranului Român a fost pe 29 noiembrie. In ianuarie sunt in discuţii sa duc expozitia la Berlin, iar in august 2012 va ajunge fix de unde a plecat, in Negresti Oas. De aici ar fi bine sa ajunga si mai departe in cadrul comunitatiilor, la Paris.

Petrut Calinescu : www.petrut-calinescu.com

(OH)

La nouvelle vague du théâtre roumain en festival à Paris

Nuits Théâtrales au Palais de Béhague :

c’est le nom du festival qui amène sur la scène de la Salle Byzantine six créations de l’avant-garde théâtrale roumaine. Le metteur en scène âne du festival est un cinquantenaire… et le cadet vient de finir l’Université…

Plus: www.institut-roumain.org

Les dates sont du 22 au 30 septembre 2011 dans la Salle Byzantine du Palais de Béhague à Paris 7ème, 123 rue Saint-Dominique.

L’Institut Culturel Roumain organise ce festival avec le soutien de l’Ambassade de Roumanie en France et dans le cadre de  la Semaine des cultures étrangères à Paris 2011 (10ème édition), un événement FICEP (Forum des Instituts Culturels Etrangers à Paris).

Le but est de faire découvrir au public français l’un des domaines les plus dynamiques de la culture roumaine au présent. Quatre jeunes compagnies bucarestoises et deux compagnies francoroumaines (Compagnie 28 et Europ’artès) montreront que les voies théâtrales sont largement ouvertes entre la France et la Roumanie. Du classique revisité La Tempête de Shakespeare, réalisé par Ioan Victor Frunza – aux nouveaux dramaturges roumains, les spectacles sont le travail d’artistes polyvalents. Je déclare sur l’honneur : les confessions d’une fille rom sur son héritage spirituel et culturel. 9 degrés à Paris : les tourments d’une femme partagée entre amour et devoir. Mode d’emploi : le vécu déchirant de l’immigré, de celui qui est parti sans arriver, qui est entre deux langues, deux territoires, deux administrations… Jeux dans la cour arrière : inspiré d’un cas réel, un viol, pour une réflexion grave sur les rapports entre femmes et hommes.

LES NUITS … DU PALAIS DE BEHAGUE

Le festival « Nuits Théâtrales au Palais de Béhague » est un nouveau volet du cycle des « Nuits … » au Palais de Béhague, organisé par l’Institut Culturel Roumain en partenariat avec l’Ambassade de Roumanie en France, dans un désir de mise en valeur de la Salle Byzantine, « ce joyau méconnu »[1]. Le cycle a débuté en septembre 2010 avec « Nuits Classiques au Palais de Béhague », auxquelles des musiciens de renommée internationale, tels que Jean-Claude Pennetier, Sarah Nemtanu, Gordan Nikolic, Richard Galliano, le Quatuor Enesco ou encore Gilles Apap ont participé. Il a continué avec les « Nuits Baroques » en juin 2011, qui a vu se produire sur la scène de la Salle Byzantine Jordi Savall et Montserrat Figueras ou encore Les Talens Lyriques et Balkan Baroque Band. Ce cycle des « Nuits » s’ensuit cet automne avec « Nuits Théâtrales au Palais de Béhague – la nouvelle vague du théâtre roumain ».


[1] MACHART Renaud, « La Salle Byzantine révèle le mystère de sa splendeur fanée », dans Le Monde, 4 juin 2011.

La Follia de Timisoara à Paris sur des accords baroques

Un véritable succès parisien, le festival Nuits Baroques au Palais de Béhague, qui s’est déroulé du 6 au 9 juin 2011 dans la Salle Byzantine du Palais de Béhague, a accueilli pour sa première soirée nos amis de La Follia. Les musiciens, amoureux du baroque, provenant de Roumanie, Italie et Norvège sont descendu du haut de la scène pour se rapprocher de leur public.

Le chaleureux concert résumé ici par M. Francis Malek, reporter vidéo – nos remerciements pour cette vidéo :

La Roumanie face à son passé communiste

Vendredi soir. 18h. Salle de conférence de l’Institut Culturel Roumain de Paris. L’équipe de l’Institut s’anime pour tout mettre en place à temps pour le débat de ce soir, à l’occasion du lancement du livre La Roumanie face à son passé communiste, d’Alexandru Gussi. Le sujet a éveillé l’intérêt des curieux, étudiants, professeurs, amateurs d’histoire, roumains comme français. La salle est pleine à craquer, le débat peut commencer.

Les invités font honneur à l’Institut, tout comme à l’ouvrage et à son auteur : Vladimir Tismăneanu, analyste politique, professeur à l’University of Maryland,  sociologue et spécialiste en politiques comparées ; ainsi que Florin Ţurcanu, historien et chercheur à l’Institut d’Etudes Est-Européennes de Bucarest.

Au travers de son ouvrage, Alexandru Gussi veut réfuter la thèse selon laquelle le rapport au passé communiste n’est plus nécessaire pour comprendre le présent et le futur de la scène politique roumaine. Convaincu du contraire, il considère que les cultures politiques actuelles se forment à partir de la mémoire et du rapport au passé.  Que ce soit une culture profondément anti-communiste ou bien une culture de l’oubli et de la tabula rasa, il n’en n’est pas moins vrai qu’elle se construit sur les bases d’une mémoire collective. « Ce mort-vivant qu’est le communisme roumain a continué à nourrir et à conditionner le politique », tranche Florin Ţurcanu. La mémoire du communisme sert encore à créer des identités politiques.   Pour la scène politique roumaine, la question du passé a toujours été épineuse et le pays se distingue par son attitude envers les victimes de l’ancien régime et de la révolution qui sont perçues comme un danger pour la démocratisation. Comme le souligne Florin Ţurcanu, il existe en Roumanie une tension constante entre démocratie et retour sur un passé douloureux. Et pourtant, « chaque individu a besoin de tranquillité vis-à-vis de son passé », ajoute-t-il.

Vladimir Tismăneanu parle « d’exorcisme par la connaissance » en se référant à la fondation d’une société et d’un nouvel ordre politique. Connaître et comprendre pour pouvoir se délivrer du démon du passé et poser des bases saines et solides pour l’avenir. Il fait là référence au Liseur de Bernhard Schlink, qui centre son ouvrage sur la question de la mémoire, de l’amnésie, et met en exergue  la force destructrice du silence. « Quand on construit une démocratie, on a besoin de vérité », dit-il. Plus qu’un simple désir de justice, il s’agit également d’une volonté politique.

« Ouvrage simultanément prophylactique et thérapeutique ». C’est ainsi que Vladimir Tismăneanu résume l’essence de l’ouvrage d’Alexandru Gussi. Il soigne les maux du passé et met en garde contre ceux du futur.

 
Alexandru Gussi est docteur en sciences politiques de l’Institut d’Études Politiques de Paris. Il est conseiller présidentiel et enseignant à la Faculté de Sciences Politiques de Bucarest. Il concentre ses recherches sur la démocratisation et le rôle de la mémoire dans la définition et l’évolution des cultures et des identités politiques.

La Roumanie face à son passé communiste – Mémoires et cultures politiques, Alexandru Gussi, Editions L’Harmattan, 2011.

 

Claudia Droc

Gabriela Lupu : l’art de la photographie sociale

Gabriela Lupu: photographe et sociologue. Exposition “Le Platz des Roms” du 31 mai au 31 août 2011, dans la galerie Rue de l’Exposition

Le centre d’intérêt dans la photo de Gabriela Lupu c’est l’être humain. Elle photographie l’homme au travers de ses activités quotidiennes dans son environnement et son espace de vie. Elle essaie d’attraper sur la pellicule les moments de relâche, lorsque l’homme oublie pour quelques secondes son masque, et donne à voir son intimité.

Après des études de sociologie, Gabriela Lupu étudie la photographie à l’Ecole Populaire d’Art de Brasov, en Roumanie. En 2008, elle photographie le quartier et les habitants du Petit Bard à Montpellier pour le livre Quoi qu’on en dise ; elle accompagne visuellement les récits de vie recueillis par Marie d’Hombres. Livre publié par les éditions Chevrefeuille étoilée.

Le Monde 2 et France Inter lui accordent le 2ème prix du concours Et pourtant elle tourne, pour une photo réalisée en Roumanie, représentant des gens dans les transports en commun, une photographie dramatique et picturale. Geo magazine – Roumanie – publie le reportage photo Bucarest senteurs et saveurs, une promenade autour des marchés bucarestois ; un travail entre les étalages de poivrons et la recherche de la sensibilité humaine. Le Mois de la Photo à Paris accueille ses photos des gens dans le bus, en novembre 2008. Le même travail est ensuite exposé dans le cadre du festival Rio Locco à la Fnac Wilson, Toulouse. Gabriela Lupu a été sélectionnée dans le festival Visa Off à Perpignan en 2010 avec la photographie “vedette” de l’exposition “Le Platz des Roms”, présenté dans la galerie Rue de l’Exposition, jusqu’au 31 août.

 

ICR: Dans quelle mesure votre double casquette de photographe et sociologue apporte-t-elle un nouveau regard sur le sujet des roms?

Gabriela Lupu: Mes études de sociologie ont façonné mon attitude sur le terrain. En essayant de me rendre utile aux gens que je photographie, en essayant de trouver une place au sein du groupe.

ICR:  Vous avez réalisé ce reportage en 2010 à Montpellier. Comment était votre expérience? Comment votre présence a-t-elle été accepté par le groupe photographié.

GL: Mon reportage a commencé par une rencontre. En faisant des photos dans une laverie en libre service je parle une famille rom. Je les photographie et je les rends visite plus tard. De cette rencontre est née une amitié et un travail photo.

Avant tout, pour moi c’est une histoire de rencontre et d’amitié.

Ma présence en tant que photographe a était acceptée après plusieurs mois de visites. On a appris à se connaître et ensuite j’ai appris à les photographier. Pour moi c’est une expérience qui continue.

ICRApres avoir été sélectionné dans la section Off du festival de photojournalisme “Visa pour l’Image” vous amenez cette exposition dans la galerie Rue de l’Exposition. Pourquoi ce choix de galerie?

GL: Le choix est réciproque. Le sujet des roms est sensible, autant de point de vu social, que politique. L’exposer dans une galerie est une manière différente de traiter le sujet : plus humaine, plus proche du public.

 

Propos recueillis par O Horvath et C Droc

Sacha, Guillaume et moi: la Compagnie 28 sur la scene de la Manufacture des Abbesses à Paris

PASS ICR Paris: tarif réduit pour les amis de l’Institut. Téléchargez ici: http://institutroumain.files.wordpress.com/2011/06/pass10euro-icr.pdf

« Sacha Guillaume et moi » a mûri.  Fort du success des reppresentations dans la Salle Byzantine au Palais de Béhague au mois d’octobre 2010, la Compagnie 28 met en scène une seconde version de ce spectacle, à La Manufacture des Abbesses du 29 mai au 6 juillet 2011, les dimanches, lundis, mardis et mercredis à 21h.

Eugen Jebeleanu, Yann Verburgh et Aure Rodenbour, auteurs et acteurs de « Sacha, Guillaume et moi », ont pour but de créer un langage scénique spécifique où le texte sera l’illustration de la pensée intime du personnage alors que le corps en mouvement deviendra son langage. Lire la suite

Le prince Charles en vacance à sa proprieté de Viscri

Un mois après le mariage de son fils, le prince Charles en visite privé à Roumanie pour se relaxer à sa propriété de Viscri .

“Il y a encore beaucoup à faire en Transylvanie et à travers la Roumanie en ce qui concerne le patrimoine multiethnique afin de s’assurer que ces trésors culturels et naturels uniques ne se perdent pas“, a déclaré le prince Charles, en visite privée en Roumanie. “Si ces lieux disparaissent, cela ne serait pas une tragédie seulement pour les gens de Transylvanie mais aussi une perte pour toute l’humanité.

Sources:           TF1             TVR (en Roumain)

L’interprétation et la politique de la mémoire du communisme en Europe de l’Est

Débat, Lundi 16 mai, Institut Culturel Roumain de Paris

Intervenants : Raluca GROSESCU (IICCMER), Damiana OTOIU (IICCMER), Annette Wieviorka (CNRS) (Écoutez les interventions)

Le début de semaine à l’Institut a été marqué par un débat autour de la mémoire du communisme en Europe de l’Est, animé par trois intervenantes, dont Annette Wierviorka, chercheur au CNRS.  Cet événement marque également le lancement de la revue « History of Communism in Europe – Politics of Memory in Post-Communist Europe » publiée par l’Institut d’Investigation des Crimes du Communisme et la Memoire de l’Exil Roumain (IICCMER).

«C’est un livre qui s’inscrit dans tout ce mouvement très important de l’étude dans la façon dont les sociétés envisagent le rapport avec le passe, et surtout avec un passé criminel. Est-ce qu’on juge, est-ce qu’on ne juge pas ». (Annette Wierviorka)

Période relativement « fraiche » dans les esprits de beaucoup d’individus ressortissants des pays d’Europe centrale et orientale, l’époque communiste devient aujourd’hui un enjeu de mémoire. Chaque pays mène sa propre politique vis-à-vis des questions de mémoire, et cela est visible dans bon nombre de choix actuels, en partant du changement de la toponymie et en allant jusqu’aux politiques de lustration. Que ce soit par la voie politique, historique, littéraire ou encore cinématographique, la mémoire du communisme est un enjeu pour les intellectuels d’aujourd’hui, soucieux de comprendre leur passé afin de poser les fondations de la société de demain. Lire la suite

Deux jeunes journalistes contre la stigmatisation des étrangers

« Paroles de Roumains » est un webdocumentaire participatif au sujet de l’intégration des immigrés roumains dans la société française. Il sera diffusé sur un le site web d’un grand journal d’information à la rentrée prochaine. « Paroles de Roumains » raconte huit histoires d’immigrés venus vivre en France : des anciens, qui sont bien intégrés, mais aussi des nouveaux, qui cherchent encore leur place.

Les auteurs, Marianne Rigaux et Jean-Baptiste Renaud, ont 25 ans. C’est leur premier projet depuis qu’ils sont sortis de l’école de journalisme de Lille en mai 2010. Cela représente pour eux un an de travail, en parallèle de leur activité de journaliste. Le sujet leur tient à cœur : Marianne a vécu un an à Bucarest et Jean-Baptiste est passionné par les questions d’immigration.

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